Pays Basque, une nation sous le feu de ETA

Auteur·e : Caunègre Guy

Éditeur : Éd. Golias

2000 | 1 vol. (128 p.) | 12,00 €

Le 12 septembre 1998, les différentes tendances du nationalisme basque, les communistes de la " Gauche unie ", des syndicats, des associations signent dans la cité navarraise de Lizarra, des accords historiques. Ce pacte inspiré du processus de paix irlandais, définit une méthode valorisant la résolution politique du conflit impliquant le Pays Basque, l’Espagne et la France, un dialogue ouvert sans exclusion d’aucun des acteurs concernés et le respect de la volonté souverainiste du peuple basque. Les élections qui suivent la conclusion de l’accord confirment cette dernière réalité : une majorité nationaliste composée de partis revendiquant la souveraineté et la réunification du Pays Basque est élue au parlement autonome et délègue des hommes et des femmes issus de ses rangs pour constituer le nouveau Gouvernement basque. Auparavant, le 18 septembre 1998, l’organisation clandestine E.T.A. décrète une trêve illimitée, saluant ainsi la volonté manifestée par les partis nationalistes et par la société civile basque de poser les bases d’un projet de construction nationale. Une dynamique du possible est alors engagée avec la réactivation d’une institution déjà ancienne en Pays basque : l’Assemblée des Maires et élus municipaux de l’ensemble du territoire fractionné entre l’Espagne et la France. Les autorités espagnoles et françaises manifestent leur hostilité envers cette initiative. Le 28 novembre 1999, E.T.A. décide la rupture du cessez-le-feu à la suite d’un refus du Parti Nationaliste Basque, majoritaire dans la communauté autonome, de précipiter la mise en place d’une Assemblée Constituante. Le 3 décembre 1999, commentant la rupture du cessez-le-feu, le porte-parole du Gouvernement espagnol déclare que l’Exécutif madrilène "reconnaît non seulement qu’il a lui même entravé le processus de Lizarra, mais que cela fait partie de ses obligations institutionnelles... Il est inacceptable que l’on prétende chercher une paix entre les différentes expressions du nationalisme, le violent et le non-violent ". Les propos du porte-parole du Cabinet de José Maria Aznar soulignent donc la préoccupation de celui-ci : non pas la violence de E.T.A. mais l’existence même du nationalisme basque, fut-il non-violent et démocratique. Ce dernier semble aujourd’hui à l’étroit dans le cadre autonome qu’il administre depuis vingt ans et qui se restreint par la décision espagnole de geler les transferts, légalement prévus, de certaines compétences. Les attentats sanglants de E.T.A. qui voudraient être une forme radicale de pression destinée à entraîner l’ensemble du mouvement nationaliste dans la voie d’une rupture institutionnelle avec l’Espagne semblent d’abord affecter le processus unitaire et souverainiste initié en 1998 et déstabiliser la majorité nationaliste dans les institutions autonomes. Ce livre esquisse un portrait politique du nationalisme basque et essaye de comprendre le sens de la stratégie déroutante de E.T.A. témoins actifs évoquent leur position et leur expérience dans un processus politique, social et culturel... à la fois original et riche mais traversé d’éclairs menaçants.


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